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Entente sur les dérivés: 12 banques sont soupçonnées de collusion

La Commission européenne a accusé une douzaine de banques d'enfreindre les règles de la concurrence sur le marché des dérivés de crédit. Les établissements visés sont soupçonnés de s'être entendus pour empêcher des concurrents d'opérer sur le marché des produits dérivés de crédit (CDS) ou pour retarder leur entrée sur ce marché.

L'exécutif européen dit avoir communiqué ses griefs aux intéressés. Les banques en question sont Bank of America-Merrill Lynch, Barclays, BNP Paribas, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, JP Morgan, Morgan Stanley, Royal Bank of Scotland et UBS.

« Ce serait inacceptable si des banques ont collectivement bloqué des échanges pour protéger leurs revenus dans le secteur des dérivés de crédit négociés de gré à gré», a estimé le commissaire européen, Joaquin Almunia, cité dans un communiqué.

Gardienne de la concurrence en Europe, la Commission européenne avait ouvert une enquête à ce sujet dès avril 2011, alertée par les opérateurs boursiers Deutsche Börse et Chicago Mercantile Exchange. Ceux-ci voulaient entrer sur le marché des CDS entre 2006 et 2009 et les échanger sur des Bourses dédiées. Les deux opérateurs n'avaient pu finalement obtenir les données nécessaires pour échanger des CDS auprès du cabinet Markit et de l'ISDA, qui auraient agi à la demande de plusieurs grandes banques.

«Si ces faits sont confirmés, ils constituent une violation importante des règles de la concurrence », a souligné M. Almunia, soulignant que l'UE oeuvre pour rendre les marchés plus transparents et tourner la page de la crise financière de 2008. L'envoi d'une communication des griefs ne préjuge toutefois pas du résultat final de l'enquête.

Les CDS ("credit default swap", en anglais) permettent de s'assurer contre le risque de défaut de crédit. Au plus fort de la crise, c'est une part assez minime de ces produits financiers qui ont fait parler d'eux en entraînant la chute de l'assureur AIG et de la banque Lehman Brothers, ou lors d'attaques spéculatives contre certains Etats.

Certaines de ces banques sont aussi concernées par les enquêtes sur la manipulation des taux de référence Libor et Euribor, a encore déclaré M. Almunia. Il a précisé que les régulateurs européens envisageaient un règlement amiable avec une partie des banques impliquées dans ces enquêtes d'ici la fin de l'année.

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