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La Lettonie, un paradis fiscal méconnu

La Lettonie est l’un des trois Etats baltes qui sont réapparus sur la scène internationale après l’explosion de l’URSS au début des années 1990. Les banques lettonnes ont pour particularité de blanchir de très importantes sommes d’argent. D’après une enquête du site Rebaltica (Centre baltique pour le journalisme d’investigation), elles blanchiraient en effet jusqu’à 1 % du montant des transactions mondiales en dollars dans le monde.

Depuis plusieurs années, les Etats-Unis réclament donc à la Lettonie un assainissement de son secteur bancaire. La pression s’intensifie ces derniers mois : en janvier le sujet a été discuté au Congrès américain. Si le secteur ne «fait pas le ménage», la Lettonie pourrait se voir refuser son entrée à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Depuis le début de la crise en Ukraine, les Américains observent attentivement la République balte et particulièrement les banques de sa capitale Riga. Les avoirs russes et ukrainiens soumis aux sanctions font l’objet de recherches dans le monde entier. Or, le tropisme letton pour l’ex-espace soviétique, marqué par des «connexions historiques, la maîtrise du russe et la compréhension de la mentalité russe», fait des banques lettonnes une cible de choix pour les clients russes ou venant de la CEI (Communauté des Etats indépendants, composée d’anciennes Républiques soviétiques).

«52 % des avoirs déposés dans les banques lettonnes appartiennent à des étrangers et 91 % peuvent être retirés à tout moment», écrit ainsi le site Rebaltica. Cinq personnes seulement sont responsables de la lutte contre le blanchiment d’argent au sein de l’organisme letton de régulation bancaire. Jusqu’en mai 2014, date de changements législatifs imposés par l’UE en matière de secret bancaire, l’amende la plus lourde que pouvait imposer le régulateur était de seulement 142 300 euros, autant dire une goutte d’eau dans la masse d’argent qui circule.

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