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L’austérité règne aussi à Porto Rico

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A Porto Rico, beaucoup de magasins sont situés sur le Paseo de Diego, une des principales artères commerçantes du quartier de Rio Piedras, mais celui-ci montre désormais un visage de désolation, avec de nombreuses boutiques fermées et peu de clients. «C'est difficile, les gens ne viennent plus», dit M. Telon, 55 ans. Mais au moins son magasin appartient à un grand groupe: «Si nous devions en plus payer le loyer nous ne pourrions pas continuer».

Les entreprises et commerçants souffrent depuis l'augmentation de la taxe à la consommation de 7 à 11,5%. Le gouvernement espérait augmenter par ce biais ses recettes fiscales et remédier à sa pénurie de liquidités. Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, a dû néanmoins annoncé récemment qu'il n'y avait pas assez d'argent pour payer la dette, et a demandé à tous les secteurs «beaucoup d'efforts et de sacrifices».

En raison de son statut particulier (Etat libre mais territoire des Etats-Unis depuis 1898), Porto Rico ne peut bénéficier de la loi américaine sur les faillites, qui a permis à plusieurs grandes villes comme Detroit de stabiliser leurs finances ces dernières années. Par conséquent, le gouvernement portoricain doit désormais entamer des négociations délicates avec ses créanciers pour obtenir un moratoire sur sa dette et éviter un défaut de paiement. Aujourd'hui la dette de Porto Rico a été rétrogradée à un niveau qui ne lui permet même plus d'accéder au marché obligataire.

Pendant ce temps, la population souffre chaque jour de la crise. Sur cette île de 3,5 millions d'habitants, le taux de chômage atteint 12,4%, soit plus du double du reste des Etats-Unis (5,3%). La crise couve depuis plusieurs années à Porto Rico, rappelle José Villamil, analyste à San Juan. Depuis le début des années 2000, «ce qui est arrivé c'est que chaque gouvernement a retardé les mesures nécessaires», et le trou dans les finances s'est agrandi, conclut-il.

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