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Les effets possibles du gaz de schiste sur la santé

Que sait-on des effets sanitaires de l’exploitation du gaz de schiste ? Des chercheurs américains ont tenté de répondre à cette question en passant au crible l’ensemble des travaux publiés ces dernières années sur le sujet. Le résultat de cette synthèse dresse un état des lieux paradoxal : «Il y a des preuves de risques potentiels pour la santé publique dus au développement du gaz de schiste», écrivent ainsi Seth Shonkoff et ses coauteurs, tout en notant un manque criant d’études épidémiologiques qui permettraient de sortir du doute sur leur réalité et l’ampleur de ces risques potentiels.

L’une des premières causes d’inquiétude soulevées est celle des adjuvantsutilisés dans les fluides de fracturation : réducteurs de frictions, inhibiteurs de corrosion, biocides, etc. «Une accumulation grandissante d’études suggère que les risques de pollution existent par le biais d’une variété de voies de contamination, en particulier durant le transport des eaux de fracturation usées ou de leur entreposage, ou par le biais de confinement défaillant des gaz et des fluides, dues à une mauvaise cimentation des puits», écrivent les chercheurs.

Plusieurs études rassemblées montrent qu’un grand nombre des substances utilisées pour le fracking peuvent avoir des effets sanitaires. « A certaines concentrations, plus de 75 % des produits identifiés sont connus pour affecter négativement les yeux, la peau et d’autres organes sensoriels, le système respiratoire, le système gastro-intestinal et le foie, écrivent les auteurs. Et 52 % ont le potentiel d’affecter négativement le système nerveux, tandis que 37% sont de possibles perturbateurs endocriniens [PE]».

Cette catégorie spécifique est la plus problématique. En effet, notent les chercheurs, les PE sont susceptibles (au contraire de la majorité des substances chimiques) d’agir en perturbant le système hormonal, action possible à très faibles doses au cours de certaines périodes-clés du développement, en particulier la période périnatale.

La qualité de l’air est un autre des sujets de préoccupation soulevés par les chercheurs. «La littérature scientifique suggère que l’exploitation de gaz de schiste émet des polluants atmosphériques parmi lesquels le benzène, le toluène, l’éthylbenzène et le xylène, le formaldéhyde». La noria de camions transportant le fluide de fracturation, lors de certaines opérations, est également une source de pollution de l’air aux alentours des sites de production. Cependant le risque lié à cette pollution demeure difficilement appréciable.

Enfin, une étude épidémiologique récente, conduite dans le Colorado, est parvenue à établir un risque accru d’environ 30% des malformations congénitales cardiaques des enfants dont la mère vit dans les zones les plus proches des sites d’exploitation. Mais la causalité n’est cependant pas fermement établie et le mécanisme d’action non élucidé.

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