Excite

Les Norvégiens sont potentiellement tous millionnaires

Créé en 1996 pour placer les excédents de ses recettes pétrolières, le fonds souverain norvégien a vu sa taille doubler en trois ans. Premier au monde, il pesait, fin 2014, 745,1 milliards d’euros, faisant de chacun des 5,2 millions de Norvégiens des millionnaires sur le papier.

Sur la seule année 2014, cette gigantesque manne, gérée par la Banque centrale de Norvège, a atteint un rendement de 7,6% et grossi de 69 milliards d’euros. Une progression qui s’explique principalement par la hausse des places boursières dans le monde et des actions investies par le fonds (61,3% de son portefeuille) dans près de 9 200 entreprises, représentant 1,3% de la capitalisation boursière mondiale. Le fonds investi aussi dans les obligations émises par les entreprises ou les Etats pour financer leur dette publique (36,5% du total) et dans l’immobilier (2,2% du total) diversifiant au maximum ses placements en bon père de famille pour en limiter les risques.

Confronté au vieillissement de la population norvégienne, le fonds permettra de financer pendant des générations les futures dépenses de l’Etat-providence et en premier lieu son système de retraite. Le pays l’abonde en mettant de côté la quasi-intégralité de ses revenus pétroliers et gaziers. Mais il s’autorise chaque année à puiser dans cette manne, à hauteur de 4% maximum, pour équilibrer des comptes publics qui, sans son apport, seraient déficitaires. Autrement dit, la Norvège est un pays qui équilibre ses comptes jusqu’à 4% de déficit public. Pratique. «Nous devons être prêts à ce que ces rendements soient moins élevés à l’avenir», a prévenu le gouverneur de la Banque centrale de Norvège, Oystein Olsen, qui préconise plus de retenue dans les ponctions du gouvernement.

Cette prudence se double de critères d’investissements qui se veulent irréprochables sur le plan éthique. Les entreprises jugées trop polluantes, peu soucieuses de leurs salariés, fabriquant des armes particulièrement «inhumaines» ou dont les activités sont nocives pour la santé, comme le tabac, en sont exclues. C’est le cas pour une soixantaine de multinationales, parmi lesquelles Philip Morris, Wal-Mart, mais également Boeing, EADS ou Safran, qui figurent sur sa liste noire remise à jour chaque année et contrôlée par le Parlement.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2017