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Pourquoi l’essence reste-t-elle relativement chère ?

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Semaine après semaine, le prix du baril de pétrole (cours du Brent notamment) poursuit sa dégringolade pour causes de surproduction, ralentissement de la croissance mondiale, crise financière en Chine et de la levée des sanctions contre l'Iran. Mais à la pompe, si les prix ont bien reculé ces derniers mois, les automobilistes français l'ont tous constaté : ils restent très élevés. Par exemple, quand le pétrole a perdu pas loin de deux tiers de sa valeur en un an, le prix du litre de sans plomb 95 n'a perdu que 10%. Quelles sont les raisons de ce décalage ?

Tout d’abord, parce que le prix du pétrole ne représente qu'un tiers du prix d'un litre d'essence. Selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), les diverses taxes qui s'appliquent sur les carburants représentent pas moins de 60% du prix à la pompe, quand la matière première, le pétrole, n'en représente qu'un tiers. La marge de distribution tourne, elle, autour de 6%. Du coup, lorsque le cours du pétrole brut s'effondre, ce n'est qu'une petite partie du prix du carburant qui dégringole.

Ensuite, parce que les compagnies pétrolières en profitent. En effet, la baisse du prix à la pompe est d'autant plus limitée que les compagnies pétrolières ont profité de la baisse du cours du brut pour augmenter leurs marges. Selon des chiffres du ministère de l'Ecologie et du Développement durable, la marge de raffinage est passée de 8 euros la tonne en juin 2014 à 63 euros au mois d'août 2015. Ce sont ainsi plus de 4 centimes supplémentaires sur chaque litre acheté qui partent directement dans la poche des raffineurs. Un niveau inégalé depuis près de deux décennies.

Egalement parce que le prix du baril reste élevé, malgré tout. Pour connaître une véritable baisse à la pompe, il faudrait que le prix du baril de pétrole s'effondre encore plus. Car même si le cours du Brent a largement chuté depuis un an, «il reste cinq fois plus élevé qu'en 1999, où il atteignait seulement les 10 dollars le litre», souligne l'économiste Hervé Péléraux, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Enfin et surtout, parce que la consommation de carburantsen France ne ralentit pas. Selon l'Ufip : «en 2015, la consommation française de carburants a atteint 50,38 millions de mètres cubes, en légère hausse de 1% par rapport à la consommation des douze mois mobiles précédents». Pas vraiment de quoi inciter à une forte baisse des prix.

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