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Une première au Japon avec une femme directrice de banque

Chie Shinpo a pris la tête d'une banque de fiducie du groupe financier Nomura Holdings. Diplômée de la prestigieuse université Waseda, elle était entrée en 1989 chez Nomura, où elle a gravi peu à peu les échelons après avoir débuté comme courtière au moment de la bulle financière. Nouvelles études aux Etats-Unis, changements de postes récurrents, elle a suivi un parcours atypique pour une femme dans ce secteur.

Elle est depuis 2012 membre du comité de direction de Nomura Holdings chargée de la stratégie en Asie. En accédant avant-hier au poste de PDG de Nomura Trust & Banking, cette quadragénaire prend une place généralement réservée aux hommes dans un Japon où les fonctions d'encadrement sont presque une chasse gardée masculine.

« C'est ainsi, parce que c'est un homme, ou parce que c'est une femme, je ne me pose pas ce genre de question », assure pourtant l'intéressée. Dans le personnel des banques japonaises, la proportion de femmes tourne autour de 30 à 40%, mais elle tombe à moins de 10% dans les postes d'encadrement, et même à 0% dans les comités de direction. La principale raison de cette sous-représentativité généralisée réside dans l'habitude, choisie ou forcée, qu'ont les Nippones d'interrompre leur évolution professionnelle pour enfanter, ce qui dissuade les employeurs de leur confier tôt des responsabilités et de les faire progresser dans la hiérarchie.

Lorsqu'elles reviennent sur le marché du travail après avoir éduqué leurs enfants, les japonaises sont souvent sous statut précaire et/ou à temps partiel. Or, comme le dit le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du Japon pourrait être dopée si le taux d'activité des femmes était plus élevé, ce qui suppose aussi qu'elles puissent accéder à des postes plus importants au lieu de rester cantonnées à des fonctions de bas niveau.

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